
Plonger à Calvi, ce n’est pas juste visiter des sites, c’est explorer un écosystème hybride où les épaves de la Seconde Guerre mondiale sont devenues des cathédrales de vie marine.
- L’épave du B-17 est un livre d’histoire accessible, mais se visite intelligemment pour éviter la foule.
- La réserve de la Revellata offre une biodiversité exceptionnelle, fruit d’une protection naturelle et scientifique.
Recommandation : Planifiez vos sorties en fonction des vents et des horaires pour une expérience optimale, car la logistique à Calvi est un atout majeur.
En tant que plongeur, on se pose souvent la même question : aujourd’hui, on se fait une belle épave chargée d’histoire ou un tombant coloré grouillant de vie ? C’est le dilemme classique entre la « ferraille » et la « bio ». On imagine devoir choisir son camp. La plupart des destinations vous forcent à trancher. On vous parle de sites spécialisés, d’un côté les musées sous-marins, de l’autre les aquariums naturels. Mais si je vous disais qu’il existe un lieu en Méditerranée où cette question n’a pas de sens ? Un endroit où l’histoire et la biologie ne sont pas voisines, mais intimement liées.
Bienvenue dans ma baie, à Calvi. Ici, nous ne voyons pas les choses de la même manière. Pour nous, une épave n’est pas une simple carcasse inerte. C’est le fondement d’un récif. L’histoire tragique d’un bombardier de la Seconde Guerre mondiale a involontairement donné naissance à un sanctuaire pour des dizaines d’espèces. C’est ça, la magie de Calvi : un écosystème hybride où chaque coup de palme vous fait voyager entre deux mondes. C’est une lecture croisée permanente, un dialogue silencieux entre le métal et le corail, entre le passé des hommes et le présent de la nature.
Cet article n’est pas une simple liste de sites. C’est une invitation à changer de regard. Je vais vous donner les clés pour comprendre cette dualité unique, pour lire l’histoire dans les impacts de balles d’un bombardier tout en déchiffrant la vie qui s’y est installée. Nous verrons pourquoi Calvi est un refuge logistique et biologique, comment déjouer les pièges de la haute saison et, surtout, comment chaque plongée ici devient une expérience bien plus riche qu’ailleurs. Suivez le guide, je vous emmène dans les secrets de la baie.
Pour vous guider dans cette exploration unique, cet article est structuré pour vous faire découvrir pas à pas toutes les facettes qui rendent la plongée à Calvi si spéciale. Du mythe du B-17 à la logistique post-plongée, préparez-vous à une immersion complète.
Sommaire : Explorer l’écosystème sous-marin unique de Calvi
- Pourquoi un bombardier américain repose-t-il au pied de la citadelle de Calvi ?
- Que peut-on voir à la pointe de la Revellata que l’on ne voit pas ailleurs ?
- Départ plage ou départ bateau : quelle logistique est la plus simple à Calvi ?
- L’erreur de plonger sur le B-17 à 10h du matin en août (bain de bulles garanti)
- Où boire un verre les pieds dans le sable après la sortie pour débriefer ?
- B-17 de Calvi ou Canadair de Sagone : quelle épave d’avion est la plus accessible ?
- L’erreur de choisir un petit bateau par jour de Mistral dans le Golfe de Porto
- Pourquoi les bastions de Calvi descendent-ils jusqu’aux rochers immergés ?
Pourquoi un bombardier américain repose-t-il au pied de la citadelle de Calvi ?
L’histoire du B-17 de Calvi n’est pas une légende, c’est une véritable épopée. On ne plonge pas sur une simple carcasse, on visite le dernier lieu de repos du « Her Did », un bombardier américain dont la fin de mission fut aussi spectaculaire que tragique. Tout commence le 14 février 1944. L’avion décolle d’Italie pour bombarder une base ennemie, mais il est intercepté par la chasse allemande. Touché, en feu, l’équipage sait qu’il ne rentrera pas à la base. Le pilote, Franck Chaplick, prend alors une décision héroïque : tenter un amerrissage d’urgence dans la baie de Calvi, alors libérée. C’est cette manœuvre désespérée qui a placé l’avion là où il est aujourd’hui.
Le pilote a réussi l’exploit de poser le géant de métal sur l’eau. Comme il l’a témoigné plus tard, l’avion flotta quelques minutes, ce qui permit à une partie de l’équipage d’évacuer. Malheureusement, trois hommes y perdirent la vie. L’avion a ensuite coulé doucement, se posant presque à plat sur un fond de sable à 27 mètres, juste au pied de la majestueuse citadelle. Aujourd’hui, plonger sur cette épave, c’est toucher du doigt cette histoire. Le site est un véritable livre ouvert : les ailes quasi intactes avec leurs quatre moteurs, les impacts de balles encore visibles sur la carlingue, et le poste de pilotage à ciel ouvert, dont le toit fut arraché il y a des années par une ancre malheureuse.
Mais là où l’histoire s’arrête, la vie commence. C’est le début de la « lecture croisée » que j’évoquais. L’épave est devenue un sanctuaire involontaire. Les structures métalliques offrent un abri parfait pour une faune dense : des bancs de flabellines décorent le cockpit, des langoustes se cachent dans les débris, tandis que murènes et congres ont élu domicile dans les moteurs. Chaque recoin de l’avion raconte une double histoire : celle de la guerre et celle de la nature qui a repris ses droits.
Que peut-on voir à la pointe de la Revellata que l’on ne voit pas ailleurs ?
Si le B-17 est le cœur historique de la baie, la pointe de la Revellata en est le poumon biologique. Ce n’est pas juste un « beau site de plongée », c’est un laboratoire à ciel ouvert, un concentré de ce que la Méditerranée a de plus beau à offrir. Sa particularité ? Une topographie spectaculaire et une biodiversité exceptionnelle, validée par la science. En effet, ce n’est pas un hasard si la station de recherche STARESO y est installée. Comme le confirment les archives, la station y mène des études depuis 1972, ce qui représente plus de 50 ans d’observations et de données scientifiques sur cet écosystème. C’est cette richesse qui rend chaque plongée ici unique.
Alors, concrètement, qu’est-ce qu’on y voit ? Des paysages sous-marins à couper le souffle. Imaginez des canyons profonds, des corridors rocheux tapissés de vie et des tombants vertigineux qui plongent dans le bleu. Le site emblématique, le « Sec des Belges », est un parfait exemple : une série de pitons rocheux qui descendent jusqu’à 30 mètres, créant un véritable aquarium naturel. La densité de faune est telle que les clubs locaux préviennent avec humour : « Rangez vos bijoux, les barracudas sont là ! ». Et ils ne mentent pas. On y croise presque à coup sûr des bancs de barracudas, mais aussi des mérous, des dentis, des corbs et une profusion de gorgones et de corail rouge, surtout dans les zones d’ombre.

Ce qui rend la Revellata si spéciale, c’est cette architecture naturelle qui favorise la concentration de la vie. Les courants amènent les nutriments, et les failles et surplombs offrent des abris parfaits. C’est un spectacle permanent, où la lumière jouant dans les canyons crée des ambiances dignes des plus grands documentaires. C’est l’autre facette de Calvi : une nature brute, protégée et foisonnante, qui contraste et complète parfaitement l’histoire figée des épaves.
Départ plage ou départ bateau : quelle logistique est la plus simple à Calvi ?
C’est une question qui revient souvent, surtout pour les plongeurs qui ne connaissent pas la région. La réponse est simple et directe : à Calvi, la vraie plongée, celle qui vous mène aux trésors comme le B-17 ou la Revellata, se fait exclusivement en bateau. Les départs de plage sont possibles et pratiqués, mais ils sont réservés aux baptêmes et aux exercices de formation en tout début de cursus. La baie offre des zones sablonneuses très calmes et peu profondes, parfaites pour une première immersion en toute sécurité, mais vous n’y verrez aucun des sites qui font la réputation de la région.
La grande force de Calvi, c’est que cette logistique en bateau est d’une simplicité redoutable. Près de 90% des sites emblématiques, qu’il s’agisse d’épaves ou de secs, se trouvent à moins de 15 minutes de navigation depuis le port de plaisance. C’est un confort incroyable. Pas de longues heures de trajet, on embarque et on est presque immédiatement sur zone. Cela permet d’enchaîner facilement deux plongées dans la matinée sans y passer la journée. Les clubs de plongée sont tous regroupés autour du port, ce qui facilite encore les choses. Le seul vrai défi logistique, en plein été, est de trouver une place de parking à proximité. Mon conseil de local : arrivez un peu en avance pour les sorties du matin !
Le choix du bateau dépendra ensuite de votre profil. Les clubs de Calvi disposent de différentes embarcations, chacune avec ses avantages. Voici un petit résumé pour vous aider à y voir plus clair.
| Type de bateau | Avantages | Profil idéal |
|---|---|---|
| Semi-rigide | Rapide, sportif, accès partout | Plongeurs actifs recherchant efficacité |
| Barge aluminium | Stable, confortable | Photographes, vidéastes sous-marins |
| Bateau traditionnel | Convivialité, confort | Groupes, familles, plongées détente |
Quel que soit votre choix, l’efficacité reste le maître-mot. Cette logistique intégrée fait partie intégrante de l’expérience calvaise : tout est pensé pour maximiser le temps passé sous l’eau et minimiser les contraintes à terre.
L’erreur de plonger sur le B-17 à 10h du matin en août (bain de bulles garanti)
Le B-17 est une star, et comme toutes les stars, il attire les foules. C’est l’épave la plus célèbre et la plus visitée de Corse. Comme le souligne le blogueur spécialisé Stéphan Le Gallais, ce n’est pas forcément une bonne chose : « L’épave la plus plongée de Corse, ce n’est pas forcément la meilleur des choses ! Pas moins de cinq clubs de plongée proposent la visite. » En haute saison, particulièrement en juillet et août, le créneau de 10h-11h du matin peut vite se transformer en un « bain de bulles ». Plusieurs palanquées sur le site en même temps, une visibilité réduite par les sédiments soulevés… l’expérience peut perdre de sa magie.
Alors, comment faire pour profiter de ce joyau dans les meilleures conditions ? En agissant avec un peu de stratégie, comme un local. L’erreur serait de croire qu’il suffit de se présenter au club la veille. Pour les mois d’été, il est crucial de réserver votre place plusieurs jours, voire semaines à l’avance, surtout si vous visez un créneau précis. Le secret absolu, c’est de viser la « first dive », la première sortie du matin, généralement vers 8h. À cette heure, vous aurez une lumière matinale rasante absolument sublime, une visibilité parfaite et, surtout, vous serez probablement les seuls sur l’épave. C’est à ce moment-là que la rencontre avec le bombardier prend toute sa dimension mystique et contemplative.

Si vous n’êtes pas du matin, une autre option est la plongée de l’après-midi, vers 15h, lorsque les grosses vagues de plongeurs sont passées. La lumière est différente, mais la tranquillité est souvent de retour. Mais la meilleure des stratégies reste de venir hors saison. Les mois de juin et septembre offrent le compromis idéal : l’eau est chaude, le soleil est là, mais les clubs fonctionnent avec des groupes plus petits et une ambiance plus détendue. Vous aurez alors tout le loisir de vous imprégner de l’atmosphère unique de ce site historique sans jouer des coudes.
Où boire un verre les pieds dans le sable après la sortie pour débriefer ?
À Calvi, la plongée ne s’arrête pas au moment où l’on remonte sur le bateau. L’expérience se prolonge à terre, dans un rituel aussi important que la mise à l’eau : le débriefing. C’est un moment de partage essentiel, où l’on identifie les espèces croisées, on se remémore les moments forts et on refait la plongée autour d’un verre. Et pour ça, Calvi offre un cadre absolument idyllique. La logistique est encore une fois d’une simplicité enfantine. Après avoir rincé votre matériel au club, où tout est prévu, il vous suffit de marcher quelques minutes.
L’itinéraire post-plongée parfait est le suivant : une fois sorti du port, longez la mer en direction de la grande plage de la Pinède. En moins de cinq minutes, vous y êtes. Là, une série de paillotes vous attendent, les pieds dans le sable, avec une vue imprenable sur la citadelle que vous survoliez peut-être quelques heures plus tôt. C’est le moment de vous installer, de sentir le soleil sur votre peau encore salée et de commander une bière Pietra locale, la fameuse bière à la châtaigne. Le spectacle du coucher de soleil sur les remparts, en refaisant le monde sous-marin, est un moment de pur bonheur. C’est ça, la facilité de Calvi : la possibilité de combiner plongée, plage et détente sans jamais avoir à prendre sa voiture.
Ce moment de convivialité est au cœur de l’esprit des clubs locaux. Ce n’est pas juste un service, c’est une culture. Comme en témoigne un plongeur :
À la fin de chaque plongée les debrief autour de table pour identifier et nommer les poissons avec un thé délicieux et des biscuits c’est tout simplement un moment incroyable
– Visiteur, Diving Calvi
Qu’il s’agisse d’un thé au club ou d’une bière sur la plage, ce rituel de l’après-plongée fait partie intégrante de votre journée. Il ancre les souvenirs et transforme une simple activité sportive en une véritable expérience humaine et sensorielle.
B-17 de Calvi ou Canadair de Sagone : quelle épave d’avion est la plus accessible ?
Pour les passionnés d’épaves d’avion, la Corse offre deux joyaux : le B-17 de Calvi et le Canadair de Sagone. Si les deux plongées sont mémorables, elles ne sont pas équivalentes en termes d’accessibilité. Pour un plongeur qui veut maximiser son plaisir avec le moins de contraintes, le B-17 de Calvi est sans conteste le grand gagnant. Plusieurs facteurs objectifs expliquent cette différence, et ils sont importants à connaître pour bien planifier son séjour. C’est une plongée qui a sa place sur la liste des incontournables, comme le confirme le club Calvi Plongée 2B : « Cette épave est l’une des plongées à ne pas rater en Corse. Le bombardier repose sur un fond de 27 m en face de la citadelle de Calvi. »
La profondeur est un premier critère. Le B-17 gît à 27 mètres, ce qui le rend accessible aux plongeurs de Niveau 2, et même survolable pour les Niveaux 1 expérimentés et bien encadrés. Le Canadair, lui, est un peu plus profond. Mais la différence majeure réside dans l’état de conservation et la position de l’épave. Le bombardier de Calvi est posé à plat, majestueux, offrant une exploration facile et intuitive de sa structure. Le Canadair, lui, repose à l’envers sur le sable, ce qui rend sa « lecture » moins évidente et son exploration un peu plus technique. L’autre point crucial est la logistique. Le B-17 est à 10 minutes du port de Calvi, une ville animée avec de nombreux clubs. Le site de Sagone est plus isolé, demandant un départ depuis des ports plus petits comme Cargèse ou Sagone, avec une offre de centres de plongée plus limitée.
Pour résumer objectivement les choses, rien ne vaut un tableau comparatif direct, basé sur les informations des guides spécialisés. Une analyse comparative récente des sites corses met en lumière ces différences.
| Critère | B17 Calvi | Canadair Sagone |
|---|---|---|
| Profondeur | 27 mètres | 30 mètres |
| Niveau requis | Niveau 2 recommandé (survol N1 possible) | Niveau 2 requis |
| État conservation | Remarquable, exploration carlingue possible | Posé à l’envers sur fond sablonneux |
| Distance du port | 10 min de Calvi | Plus isolé (départ Cargèse/Sagone) |
En conclusion, si le Canadair est une très belle plongée pour les connaisseurs, le B-17 de Calvi offre une accessibilité et une lisibilité bien supérieures, ce qui en fait le choix idéal pour la majorité des plongeurs souhaitant découvrir une épave d’avion en Corse.
L’erreur de choisir un petit bateau par jour de Mistral dans le Golfe de Porto
Tout plongeur en Corse vous le dira : la météo est reine. Un coup de Mistral ou de Libeccio peut rapidement transformer une sortie idyllique en une épreuve inconfortable, voire annuler la plongée. C’est particulièrement vrai dans les zones très exposées comme le Golfe de Porto. Choisir une petite embarcation un jour de vent fort y est une erreur classique qui peut gâcher une journée. C’est là que Calvi dévoile son avantage stratégique majeur : la configuration de sa baie. Naturellement protégée des vents dominants, elle offre un abri quasi-permanent, un « plan B » en or qui garantit des sorties possibles presque tous les jours.
Cette protection naturelle est le secret le mieux gardé des plongeurs locaux. Quand le Libeccio (Sud-Ouest) souffle fort et rend la Revellata impraticable, on bascule de l’autre côté de la baie, au pied de la citadelle, où les sites sont parfaitement abrités. Quand le Mistral (Nord-Ouest) se lève, la côte Est de la baie reste calme. Il y a toujours une solution. Cette polyvalence est un luxe inouï en Méditerranée. Cela signifie que même si la météo est capricieuse ailleurs, les zones calmes et abritées de Calvi permettent de maintenir une activité, notamment pour les formations et les explorations en toute sécurité. On ne subit pas la météo, on s’y adapte avec une facilité déconcertante.
Pour naviguer sereinement, il est essentiel de connaître les vents et les solutions de repli. C’est une compétence de base pour tout bon directeur de plongée du coin. La sécurité reste la priorité absolue, et aucune sortie ne sera maintenue si les conditions sont réellement mauvaises. Mais la plupart du temps, il s’agit d’adapter le site, pas d’annuler. Voici une checklist simple pour comprendre la logique météo à Calvi.
Votre plan d’action météo à Calvi
- Vérifier le vent dominant : Avant toute sortie, identifiez la direction du vent (Mistral, Libeccio, etc.).
- Écouter le briefing du club : Le directeur de plongée vous expliquera le choix du site en fonction de la météo du jour.
- Identifier le site de repli : Si le vent se lève, comprenez quelle zone de la baie servira d’abri (côté citadelle ou côte Est).
- Faire confiance à l’équipage : La sécurité est leur priorité. Une adaptation du site est un signe de professionnalisme.
- Prévoir un équipement adapté : Même si l’eau est calme, un coupe-vent peut être utile sur le bateau en cas de brise.
Cette capacité d’adaptation fait de Calvi une destination de plongée particulièrement fiable. En choisissant Calvi, vous ne pariez pas seulement sur la beauté des fonds, vous pariez aussi sur la quasi-certitude de pouvoir vous mettre à l’eau.
À retenir
- Calvi offre une combinaison unique de plongée sur épave de classe mondiale (B-17) et de biodiversité exceptionnelle (Revellata), créant un écosystème hybride.
- La configuration protégée de la baie constitue un avantage stratégique contre les vents dominants, garantissant des possibilités de plongée quasi quotidiennes.
- Un séjour réussi repose sur une planification intelligente : réservez à l’avance, choisissez les bons horaires pour les sites populaires et profitez de la logistique intégrée « plongée & détente ».
Pourquoi les bastions de Calvi descendent-ils jusqu’aux rochers immergés ?
En surface, la citadelle de Calvi est impressionnante. Mais en tant que plongeur, un détail architectural frappe : les fondations des remparts ne s’arrêtent pas à la ligne de flottaison. Elles plongent directement dans la mer, s’agrippant aux rochers immergés. Ce n’est pas un hasard ou un caprice esthétique, mais le fruit d’une logique militaire implacable qui a façonné le paysage de Calvi pendant des siècles. Comprendre cela, c’est ajouter une autre couche de lecture historique à votre exploration de la baie.
À l’époque de sa construction et de ses renforcements par les Génois, la menace venait autant de la terre que de la mer. Une forteresse côtière se devait d’être imprenable sur tous les fronts. Si les remparts s’étaient arrêtés au niveau de l’eau, ils auraient créé une faille de sécurité majeure. Des troupes ennemies auraient pu débarquer sur les rochers au pied des murs lors d’un assaut amphibie, à l’abri des tirs directs depuis le haut des bastions. En prolongeant les fortifications sous l’eau, les ingénieurs militaires génois ont créé une barrière infranchissable, empêchant toute tentative d’accostage et d’escalade.
Cette architecture défensive éliminait les angles morts et assurait que toute embarcation s’approchant des murs serait exposée au feu des défenseurs. C’est une démonstration de génie militaire adapté à un environnement maritime. Aujourd’hui, ces fondations immergées sont devenues un support pour la vie marine. Les poulpes aiment se cacher dans les interstices des vieilles pierres, et les sars viennent brouter les algues qui y ont poussé. C’est, encore une fois, l’illustration parfaite de l’écosystème hybride de Calvi : une structure pensée pour la guerre est devenue, des siècles plus tard, un habitat pour la faune locale. Plonger le long de ces murs, c’est palmer le long d’une double histoire, celle de la stratégie militaire et celle de la colonisation par la nature.
Maintenant que vous avez les clés pour lire l’histoire et la vie sous-marine de Calvi, il ne vous reste plus qu’à venir écrire votre propre carnet de plongée dans notre baie. Chaque immersion est une promesse d’émerveillement, une conversation silencieuse avec le passé et la nature.