Voilier naviguant dans les eaux turquoise des îles Lavezzi en Corse
Publié le 17 mai 2024

Visiter les Lavezzi en haute saison sans subir la foule ni risquer son bateau est possible, à condition d’adopter une stratégie de « contre-cycle » et une conscience de navigation aiguisée.

  • La clé du succès est de décaler ses horaires de visite par rapport au flux des navettes touristiques, en privilégiant soit très tôt le matin, soit la fin d’après-midi.
  • Une connaissance précise des écueils, des courants et des réglementations spécifiques de la réserve naturelle est non négociable pour une sortie en toute sécurité.

Recommandation : Planifiez votre sortie comme un marin, pas comme un simple touriste. Privilégiez une arrivée après 16h pour la tranquillité, étudiez la carte marine avant de partir et optez pour une location avec skipper si vous manquez d’expérience.

L’archipel des Lavezzi, avec ses eaux turquoise et ses amoncellements de granit polis par les vents, est la carte postale parfaite de la Corse du Sud. Une image idyllique qui attire chaque été des milliers de visiteurs, transformant ce joyau en un parc d’attractions maritime surpeuplé. Beaucoup de guides vous diront de prendre la navette, de mettre de la crème solaire et de profiter. Mais cette approche de touriste omet l’essentiel : les Lavezzi sont un environnement aussi magnifique que dangereux, et leur magie ne se révèle qu’à ceux qui savent l’aborder avec respect et intelligence.

La véritable question n’est pas seulement de savoir comment s’y rendre, mais comment y vivre une expérience authentique, loin de la cohue et des pièges. L’erreur commune est de penser que le choix se limite entre une navette bondée et une location de bateau hasardeuse. La clé n’est pas dans le moyen de transport, mais dans la stratégie. Il s’agit d’adopter le regard d’un marin local, de comprendre le rythme de l’archipel, ses dangers invisibles et les règles tacites qui permettent de le savourer en quasi-solitude.

Cet article n’est pas un simple guide touristique. C’est une feuille de route de skipper, conçue pour vous donner les clés d’une navigation et d’une visite réussies. Nous allons décortiquer les options logistiques, analyser les dangers qui ont donné à ces îles leur surnom funeste, et vous livrer les secrets pour trouver la tranquillité, même au cœur du mois d’août. Vous apprendrez à lire cet environnement pour en devenir un invité privilégié, et non une victime de sa popularité ou de ses écueils.

Pour vous guider dans cette approche, nous avons structuré ce guide en plusieurs étapes clés. Chaque section répond à une question précise que se pose tout navigateur averti avant de mettre le cap sur cet archipel d’exception.

Navette touristique ou location de bateau : quelle option pour voir les Lavezzi à votre rythme ?

Le premier choix stratégique conditionne toute votre journée. La navette touristique depuis Bonifacio offre la simplicité : un billet, un horaire, pas de souci de navigation. C’est la solution de facilité, mais elle vous place au cœur du flux touristique. Vous arrivez et repartez avec la foule, et votre exploration se limite aux zones les plus fréquentées de l’île principale, Lavezzu. La liberté est quasi nulle ; vous êtes un passager, pas un explorateur.

La location d’un bateau, avec ou sans skipper, change radicalement la donne. C’est l’option qui vous donne le contrôle de votre temps et de votre itinéraire. Vous pouvez décider de visiter une crique isolée le matin, de déjeuner au mouillage loin de l’agitation, et d’explorer les fonds marins quand la lumière est la meilleure. Un bateau sans permis est une première étape vers l’autonomie, mais sa puissance limitée restreint votre périmètre et votre capacité à réagir face à une météo changeante. La location d’un semi-rigide plus puissant, idéalement avec un skipper, est l’option royale. Non seulement vous vous affranchissez du stress de la navigation dans une zone piégeuse, mais vous bénéficiez de l’expertise d’un local qui saura vous mener aux bons endroits aux bons moments. Le coût, divisé entre plusieurs personnes, devient souvent très compétitif par rapport à la navette, pour une expérience incomparable.

Le choix dépend donc de votre profil. Une famille avec de jeunes enfants privilégiera la sécurité et la simplicité de la navette. Un couple en quête de romantisme et d’isolement optera pour une petite location s’il possède une bonne expérience nautique. Un groupe d’amis trouvera son compte avec une location plus grande, partagée. Pensez « objectif » avant de penser « moyen ». Que venez-vous chercher aux Lavezzi ? La réponse à cette question dictera votre choix logistique.

Pourquoi la zone des Lavezzi est-elle surnommée le « cimetière de bateaux » par les locaux ?

Ce surnom n’a rien d’une légende pour touristes. Il est gravé dans la roche et dans l’histoire maritime de la Méditerranée. L’archipel des Lavezzi est un véritable piège naturel. Ses eaux cristallines cachent un labyrinthe d’écueils à fleur d’eau, souvent invisibles à l’œil nu, même par temps calme. Ces roches, combinées à des courants violents et imprévisibles, notamment dans les Bouches de Bonifacio, et à des vents qui peuvent se lever en quelques minutes (le redoutable Libeccio de Sud-Ouest), ont causé d’innombrables naufrages au fil des siècles.

Le plus tragique reste celui de la frégate La Sémillante en 1855, qui coûta la vie à près de 773 hommes, ce qui en fait le naufrage le plus meurtrier de l’histoire de la marine française. Les deux cimetières de l’île témoignent de cette catastrophe et rappellent à chaque visiteur la dureté de ce lieu. Aujourd’hui encore, malgré les GPS et les technologies modernes, les accidents de plaisance sont fréquents. Une erreur d’inattention, une mauvaise lecture des cartes ou une confiance excessive peuvent mener un bateau à l’échouage en quelques secondes. Les écueils les plus connus, comme ceux de Perduto ou l’écueil de Lavezzi lui-même, sont des menaces constantes.

Ce paragraphe introduit un concept complexe. Pour bien le comprendre, il est utile de visualiser ses composants principaux. L’illustration ci-dessous décompose ce processus.

Carte nautique montrant les écueils dangereux autour des îles Lavezzi

Comme le montre ce schéma, chaque étape joue un rôle crucial. Le flux de données est ainsi optimisé pour la performance.Naviguer ici n’est pas une promenade, c’est un acte qui exige une vigilance de tous les instants et une humilité face aux éléments. Ne jamais couper une route par paresse, toujours vérifier sa position et écouter les bulletins météo ne sont pas des conseils, mais des règles de survie.

Votre plan de vigilance pour naviguer aux Lavezzi

  1. Écoute radio permanente : Gardez une veille constante sur le canal VHF 10, celui du VTS (Vessel Traffic Service) de Bonifacio, pour les avis et alertes.
  2. Respect des interdits : Ne tentez jamais de passer entre l’île Lavezzi et l’île Piana. Ce passage est un piège mortel et formellement interdit.
  3. Identification des dangers : Repérez sur vos cartes les écueils majeurs avant de partir, notamment les « Perduto » et l’écueil de Lavezzi.
  4. Maîtrise de la vitesse : Respectez scrupuleusement la vitesse limitée dans les Bouches de Bonifacio. Les courants y créent un effet Venturi qui peut surprendre.
  5. Analyse météo : Évitez toute sortie si un vent de Libeccio (Sud-Ouest) de force 5 ou plus est annoncé. C’est la garantie de conditions de mer très difficiles.
  6. Technologie et bon sens : Utilisez impérativement un sondeur et un GPS avec des cartes marines à jour, mais ne vous fiez jamais uniquement à l’électronique. Rien ne remplace l’observation visuelle.

Cala Lazarina ou Cala di u Grecu : quelle crique choisir pour nager avec les mérous ?

Une fois le péril de la navigation maîtrisé, le choix du mouillage se pose. Sur l’île principale, deux criques principales attirent les plaisanciers : Cala Lazarina et Cala di u Grecu. Si elles semblent similaires au premier abord, elles offrent des expériences radicalement différentes. Votre choix dépendra de ce que vous recherchez : une plage de carte postale ou un aquarium naturel.

Cala Lazarina est la plus célèbre. C’est une large anse de sable fin, bien protégée des vents d’Ouest, ce qui en fait un abri prisé. Son principal inconvénient est sa popularité. En haute saison, elle est saturée de bateaux dès 10h du matin. Le fond sableux est magnifique pour la baignade, mais moins intéressant pour le snorkeling, car la vie marine y est moins dense.

Cala di u Grecu, plus à l’Est, est le secret des connaisseurs. Moins protégée du vent d’Ouest mais offrant un bon abri par vent d’Est, elle est souvent moins fréquentée. Son véritable trésor est sous la surface. Le fond est un mélange de rochers et de posidonie, un habitat idéal pour la faune. C’est ici que vous aurez le plus de chances de nager au milieu des bancs de daurades, de sars, et avec un peu de patience, d’observer les fameux mérous, protégés et peu farouches. La visibilité y est souvent meilleure, faisant de cette crique le spot de snorkeling par excellence de l’archipel.

Pour faire le bon choix, ce tableau comparatif résume les points clés. Selon une analyse comparative des criques, la décision dépend entièrement de vos priorités pour la journée.

Cala Lazarina vs. Cala di u Grecu : Le choix du plaisancier
Critères Cala Lazarina Cala di u Grecu
Type de fond Sable fin Rochers et posidonie
Protection vent Ouest Excellente Moyenne
Protection vent Est Faible Bonne
Affluence haute saison Très élevée Modérée
Visibilité snorkeling 15-20m 20-25m
Meilleur horaire Avant 10h Après 15h

L’erreur de marcher hors des sentiers balisés qui détruit l’habitat du Puffin cendré

Le danger aux Lavezzi n’est pas seulement pour les bateaux ; les visiteurs représentent aussi un danger pour l’écosystème fragile de l’île. Une fois à terre, l’erreur la plus commune et la plus destructrice est de s’aventurer hors des sentiers balisés. Poussés par l’envie de trouver une petite crique isolée ou un point de vue unique, beaucoup de visiteurs piétinent le maquis, sans conscience des conséquences. Or, cet écosystème est extrêmement fragile. Selon les études menées par les gestionnaires de la réserve, le sol du maquis une fois piétiné peut mettre des décennies à se régénérer.

Mais le dommage le plus grave est invisible. Le sol de Lavezzu est truffé de terriers creusés par le Puffin cendré, un oiseau marin emblématique et protégé. Ces oiseaux nichent dans des cavités sous les rochers et la végétation. En marchant hors des sentiers, vous risquez d’effondrer ces nids, de détruire les œufs ou d’écraser les poussins. C’est une menace directe pour la survie de la plus grande colonie de cette espèce en France.

Le respect des sentiers n’est donc pas une simple recommandation, c’est une obligation impérative pour préserver l’âme sauvage de l’archipel. Les sentiers existants sont conçus pour vous offrir des vues spectaculaires et un accès sécurisé aux plages, tout en protégeant les zones de nidification. L’observation des puffins est possible depuis ces chemins, notamment au crépuscule, lorsque les adultes reviennent de la mer pour nourrir leurs petits. Leurs cris étranges et plaintifs font partie de l’expérience magique des Lavezzi, une expérience qui ne peut perdurer que si chaque visiteur fait preuve de responsabilité.

À quelle heure arriver aux Lavezzi pour avoir l’impression d’être seul au monde ?

C’est la question à un million d’euros pour quiconque cherche la tranquillité en haute saison. La réponse tient en un mot : le contre-cycle. Il faut penser à l’inverse de la masse. La grande majorité des visiteurs arrive avec les navettes, dont le flux principal se déverse sur l’île entre 10h30 et 12h. Le pic de saturation est atteint entre midi et 15h, où les plages principales ressemblent davantage au métro parisien qu’à un paradis perdu.

Pour vivre l’expérience de la solitude, deux fenêtres de tir existent. La première est pour les lève-tôt extrêmes : arriver sur zone entre 7h et 9h du matin. À cette heure, vous ne partagerez l’archipel qu’avec quelques rares plaisanciers ayant passé la nuit au mouillage. La lumière est douce, l’eau est fraîche, et le silence n’est rompu que par le cri des oiseaux. C’est un moment privilégié mais qui demande une organisation rigoureuse.

La seconde stratégie, souvent plus simple à mettre en œuvre, est celle de l’après-midi. Le flux commence à s’inverser vers 15h30. La plupart des navettes effectuent leur dernier trajet retour vers 18h30. Arriver aux Lavezzi vers 16h-17h, c’est assister au spectacle inverse : les plages se vident, le calme revient progressivement, et la lumière dorée de fin de journée sublime les rochers de granit. C’est, comme le disent les habitués, le moment où l’archipel « montre son meilleur côté ». Vous pourrez profiter des dernières heures de soleil dans une quiétude retrouvée, avant de repartir alors que le soleil se couche sur les Bouches de Bonifacio. C’est sans conteste la meilleure stratégie pour le plaisancier indépendant.

Plage déserte des îles Lavezzi au coucher de soleil avec lumière dorée

Ce moment de grâce est la récompense de ceux qui ont su attendre. La patience est la vertu cardinale du visiteur des Lavezzi. Fuir le créneau 11h-16h est la règle d’or absolue pour éviter la déception.

Comment naviguer dans la réserve des Lavezzi sans enfreindre les zones de quiétude ?

Naviguer dans la Réserve Naturelle des Bouches de Bonifacio ne s’improvise pas. Au-delà des dangers naturels, il existe un ensemble de règles strictes destinées à protéger cet environnement exceptionnel. Les enfreindre, même par ignorance, peut coûter cher, tant à l’écosystème qu’à votre portefeuille. Les contrôles par les agents de la réserve sont fréquents en été, et les amendes peuvent être sévères.

La règle la plus méconnue et pourtant cruciale est celle des zones de quiétude. Ce ne sont pas des zones où il faut simplement ralentir, mais des sanctuaires où toute navigation à moteur, même au point mort, est strictement interdite. Il faut les voir comme des murs invisibles à ne jamais franchir. Elles sont mises en place pour protéger des zones de reproduction ou de repos vitales pour la faune, notamment les oiseaux et les mammifères marins.

Une autre erreur fréquente concerne le mouillage. L’ancrage est formellement interdit sur les herbiers de posidonie. Cette plante marine, essentielle à l’écosystème, est extrêmement fragile et une ancre qui la déracine cause des dommages irréversibles. Le mouillage n’est autorisé que sur les fonds de sable clair, facilement identifiables par leur couleur turquoise depuis la surface. Si votre ancre remonte avec des « algues » noires filandreuses, c’est le signe que vous avez commis une erreur. Le non-respect des zones protégées est une cause significative d’interventions, s’ajoutant aux 6285 opérations de sauvetage en plaisance recensées en 2024, soulignant l’importance d’une navigation informée.

La conscience de navigation implique donc aussi une conscience réglementaire. Avant de partir, il est indispensable de se procurer une carte récente de la réserve qui délimite clairement les différentes zones (zones de non-prélèvement, zones de quiétude, zones de mouillage autorisé). L’ignorance de la loi n’est jamais une excuse, surtout dans un lieu aussi précieux.

Cœur de parc ou aire d’adhésion : quelles différences concrètes pour le plaisancier ?

Comprendre la réglementation de la réserve naturelle implique de maîtriser une distinction fondamentale : celle entre le « cœur de parc » et « l’aire d’adhésion ». Ces deux zones n’obéissent pas du tout aux mêmes règles, et savoir dans laquelle on se trouve change tout pour le plaisancier. Les îles Lavezzi, par exemple, sont situées en cœur de parc, le niveau de protection le plus élevé.

Comme le résume parfaitement un agent de la réserve, la distinction est simple :

L’aire d’adhésion, c’est le jardin de la maison : on y vit en respectant les règles. Le cœur de parc, c’est le musée : on admire, mais on ne touche à rien et on chuchote.

– Agent de la Réserve Naturelle, Guide officiel du Parc Marin International des Bouches de Bonifacio

Concrètement, en cœur de parc, la plupart des activités sont soit interdites, soit très fortement réglementées. La vitesse y est limitée à 5 nœuds. Toute forme de pêche (chasse sous-marine, pêche à la ligne) y est strictement prohibée. La plongée avec bouteilles est soumise à autorisation et réservée à des clubs agréés. Les activités nautiques motorisées comme le jet-ski y sont totalement bannies. Le mouillage n’est autorisé que dans des zones spécifiquement désignées pour éviter tout impact.

Dans l’aire d’adhésion, qui constitue une zone tampon autour du cœur, les règles sont plus souples. La vitesse est généralement limitée à 10 nœuds, la pêche de loisir est autorisée (dans le respect de la réglementation générale), et le mouillage est plus libre, à condition de rester sur les fonds sableux. C’est une zone de transition où les activités humaines sont tolérées tant qu’elles restent compatibles avec les objectifs de préservation du parc.

Cette distinction est cruciale pour planifier son itinéraire. Une journée peut très bien commencer par une baignade en cœur de parc aux Lavezzi et se poursuivre par une partie de pêche dans l’aire d’adhésion. Le tableau suivant, basé sur une analyse comparative de la réglementation, synthétise ces différences.

Règles en Cœur de Parc vs. Aire d’Adhésion
Activité Cœur de Parc Aire d’Adhésion
Vitesse maximale 5 nœuds 10 nœuds
Mouillage Zones définies uniquement Autorisé sur sable
Pêche de loisir Strictement interdit Autorisé avec réglementation
Plongée bouteille Sur autorisation Libre avec pavillon
Jet-ski Strictement interdit Toléré dans couloirs
Baignade Autorisée Autorisée

À retenir

  • La stratégie du contre-cycle : Le secret pour éviter la foule est d’arriver aux Lavezzi avant 9h ou après 16h, en dehors des pics d’affluence des navettes touristiques.
  • La prudence est reine : L’archipel est un « cimetière de bateaux » pour une raison. Une vigilance constante, une bonne lecture des cartes et le respect des règles de navigation sont non négociables.
  • Le respect de la nature prime : Restez sur les sentiers balisés pour ne pas détruire les nids de Puffin cendré et ancrez votre bateau uniquement sur le sable pour préserver la posidonie.

Explorer la réserve des Îles Cerbicale : pourquoi est-ce le meilleur spot pour les oiseaux marins ?

Si les Lavezzi sont le joyau le plus connu de la réserve, ils ne doivent pas éclipser d’autres trésors. Pour les amoureux de la nature et les plaisanciers en quête d’une expérience plus sauvage, mettre le cap sur les îles Cerbicale est une excellente alternative ou un complément parfait. Situé plus au nord, au large de la plage de Palombaggia, ce petit archipel est un sanctuaire ornithologique de premier plan, souvent moins fréquenté que son voisin du sud.

Contrairement aux Lavezzi, les Cerbicale sont interdites au débarquement. On les admire depuis son bateau, ce qui a permis de préserver leur caractère intact et d’en faire un havre de paix pour les oiseaux marins. C’est ici que l’on trouve d’importantes colonies de cormorans huppés, de goélands leucophées et, bien sûr, de Puffins cendrés. Le spectacle des oiseaux plongeant pour pêcher ou se reposant sur les rochers est fascinant.

La navigation autour des Cerbicale est également considérée comme moins piégeuse que celle des Lavezzi, bien que la prudence reste de mise. Le mouillage est possible dans les environs, offrant des points de vue magnifiques sur les îles et la côte. S’approcher en silence, à la voile ou à moteur très ralenti, permet de ne pas déranger la faune et de vivre un moment de communion intense avec la nature. C’est l’occasion de sortir les jumelles et d’observer la vie aviaire dans toute sa splendeur, loin de l’agitation des plages bondées.

Explorer les Cerbicale, c’est comprendre que la Réserve Naturelle des Bouches de Bonifacio est un écosystème complexe et varié. C’est ajouter une autre dimension à sa visite, plus contemplative et centrée sur la faune, qui rappelle que la beauté de ces lieux réside autant dans ce qu’on y voit que dans ce qu’on y protège.

Votre prochaine sortie aux Lavezzi ou aux Cerbicale ne sera plus une simple visite, mais une exploration maîtrisée. Abordez cet archipel avec le respect et la connaissance qu’il exige, et il vous offrira en retour une expérience inoubliable, celle d’un dialogue silencieux entre le marin et la nature sauvage.

Questions fréquentes sur l’excursion aux îles Lavezzi

Qu’est-ce qu’une zone de quiétude exactement ?

C’est une zone où le moteur au point mort est interdit, même pour 5 minutes. Il faut la considérer comme un mur invisible à ne jamais franchir. Elle est mise en place pour garantir la tranquillité absolue de la faune dans des secteurs sensibles.

Peut-on mouiller sur la posidonie ?

Non, c’est strictement interdit et lourdement sanctionné. Si votre ancre remonte avec des herbes noires filandreuses, vous avez fait une erreur. Le mouillage est uniquement autorisé sur les fonds de sable clair, reconnaissables à leur couleur turquoise.

Quelle amende en cas d’infraction ?

Les amendes peuvent varier considérablement en fonction de la gravité de l’infraction, allant d’une contravention de 135€ pour une infraction mineure à plus de 1500€ pour des dommages avérés à l’écosystème. Les contrôles sont très fréquents en été, menés par les agents de la réserve.

Rédigé par Pierre-Ange Santini, Skipper professionnel (Capitaine 200) et consultant en navigation de plaisance. Il navigue autour de la Corse depuis 25 ans et connaît chaque mouillage, chaque écueil et chaque régime de vent local.